Idéal éthique des Rose-Croix (LE COURAGE)

Ce mois-ci, nous vous proposons de lire un extrait du livre Idéal éthique des Rose-Croix, publié par la Diffusion Rosicrucienne. Il a été écrit par Serge Toussaint, Grand Maître de l’A.M.O.R.C.

D’une manière générale, le courage est indissociable de la notion d’effort. C’est précisément pour cette raison que l’on associe généralement cette vertu au travail. Il est un fait que travailler nécessite d’être courageux, et ce d’autant plus que les difficultés à affronter sont grandes. A cet égard, nous ne pouvons nier que certaines activités, qu’elles soient professionnelles ou domestiques, sont plus pénibles que d’autres et nécessitent par conséquent davantage d’efforts. Par ailleurs, la motivation joue un rôle important, en ce sens qu’il est plus facile d’accomplir une tâche qui nous plaît que de faire quelque chose qui ne présente aucun intérêt pour nous. C’est pourquoi tous ceux qui exercent un métier qu’ils n’aiment pas sont particulièrement méritants, car cela leur demande encore plus de courage et d’abnégation.

Il est évident que le courage ne s’applique pas uniquement au travail, qu’il concerne ou non nos activités professionnelles. En fait, il existe autant de raisons d’appliquer cette vertu que de situations où il est nécessaire de puiser dans notre force intérieure pour surmonter une difficulté. Par extension, toute épreuve exige d’être courageux. Ainsi, la maladie, un handicap physique ou mental, la perte d’un être cher, la perte de son emploi, la perte de ses biens matériels, …, sont autant d’événements qui ne peuvent être surmontés et assumés que par le courage, c’est-à-dire par la volonté de se surpasser et de faire face à l’adversité. A l’inverse, se laisser aller tout en se lamentant sur son sort ne résout rien, mais accentue au contraire notre peine, notre désarroi et notre impuissance. Nous pouvons même ajouter que cela prolonge inutilement la durée de nos souffrances morales et nous rend encore plus vulnérables aux problèmes de toute sorte.

De ce qui précède, il en résulte que le courage est lié à la volonté, car c’est elle qui donne l’impulsion nécessaire pour accomplir un travail ou surmonter une épreuve, de quelque nature qu’elle soit. Sans elle, il est impossible de mener à bien une activité ou de soutenir un effort. Elle est donc le fondement de notre force intérieure et de notre aptitude à affronter les difficultés de l’existence. Que nous en ayons conscience ou non, notre vie est conditionnée en grande partie par ce que nous voulons. En ce sens, nous pouvons méditer sur ce que le Mahatma Gandhi disait à ce sujet, à savoir que «l’on peut toujours réussir ce que l’on veut accomplir, dès lors que notre but est noble et adapté à nos possibilités réelles ».

Comme le montre la vie courante, il arrive à chacun de se sentir découragé à certains moments de son existence. Lorsque ce découragement concerne notre travail quotidien, il résulte le plus souvent d’une impression de saturation, d’une perte de motivation ou de la sensation d’être inefficace, voire même inutile. Dès lors, l’idée même de travailler nous devient pénible et produit en nous un sentiment d’exaspération. En pareil cas, le mieux est tout simplement de se reposer quelque temps ou de prendre du recul, ce qui nécessite parfois une certaine forme de volonté. Si on ne le fait pas, le risque est grand de sombrer dans une dépression dont les conséquences peuvent être graves, tant sur le plan physique que psychologique. Il est donc bien d’être courageux, mais il est sage aussi de savoir s’arrêter lorsque l’on se sent surmener ou que l’on a atteint les limites de ses capacités d’effort.

Nombre d’épreuves sont également une source de découragement, car certaines sont particulièrement pénibles et affligeantes, au point de nous donner l’impression d’être insurmontables. C’est alors que nous sommes susceptibles de céder au pessimisme ou au fatalisme, ces deux attitudes n’étant en fait que l’expression de notre désarroi ou de notre résignation face à l’adversité. Pourtant, conformément aux lois qui régissent l’évolution spirituelle de l’homme, les épreuves auxquelles nous sommes confrontés au cours de notre existence sont généralement adaptées à notre potentiel d’intelligence et de courage. Dans l’absolu, elles ne dépassent jamais nos capacités d’action et de réaction, de sorte que nous avons les moyens voulus pour les surmonter. En outre, que nous en ayons conscience ou non, toutes, aussi pénibles soient-telles, constituent des expériences utiles à notre épanouissement intérieur et contribuent à parfaire les facultés spirituelles de notre âme.

Indépendamment du courage dont nous devons faire preuve pour assumer le travail quotidien qui nous incombe ou surmonter les épreuves auxquelles la vie nous confronte parfois, cette vertu s’applique également à nos convictions, d’où l’expression « Avoir le courage de ses opinions ».En premier lieu, cela implique d’avoir de la personnalité, c’est-à-dire de penser par soi-même et non pas d’après l’opinion des autres. En second lieu, cela nécessite d’être sincère et intègre, car un hypocrite est peu enclin à exprimer franchement le fond de sa pensée, de crainte que cela ne desserve ses intérêts ou nuise à son image. Pourtant, il est important de savoir affirmer nos idées et de ne jamais avoir honte de nos croyances, même si elles ne concordent pas avec celles de notre milieu familial, professionnel ou autre. Ce n’est d’ailleurs pas parce que d’autres affirment que nous sommes dans l’erreur qu’ils sont eux-mêmes dans la vérité, d’autant plus que ce qui est vrai semble nécessairement faux à celui qui n’est pas du même avis.

On ne peut épuiser le sujet du courage sans émettre une réserve. En effet, être courageux, ce n’est pas être obstiné ou téméraire à l’excès. Autrement dit, ce n’est pas s’entêter à faire quelque chose qui dépasse nos capacités physiques ou intellectuelles. Ce n’est pas non plus persister dans une erreur de jugement ou de comportement, au point de devenir intolérant ou arrogant. En ce sens, l’obstination ou la témérité s’apparente souvent à une forme d’orgueil. Dans le pire des cas, c’est tout simplement de l’inconscience. Dans son application la plus noble, le courage intègre plutôt la persévérance, la constance et l’humilité, dont nous avons déjà parlé, ainsi que le sens des responsabilités. En dernière analyse, cette vertu en inclut beaucoup d’autres et traduit en elle-même la force morale que nous avons développée d’incarnation en incarnation, au contact des expériences heureuses et malheureuses de notre existence.

« L’Âme universelle imprègne toute la CrĂ©ation, de sorte qu’elle pĂ©nètre tout ce qui existe sur notre planète. Ainsi, toutes les crĂ©atures qui vivent sur la Terre sont imprĂ©gnĂ©es d’une essence divine et Ă©voluent spirituellement selon des lois qui leur sont propres.»

L’ontologie des Rose-Croix