On dit souvent qu’il ne faut pas juger les autres.
Dans ce cas, pourquoi l’homme possède-t-il la faculté de juger ?


Ce mois-ci, nous vous proposons de lire une réflexion extraite du livre :


« QUESTIONS PHILOSOPHIQUES - ET VOUS, QU’EN PENSEZ VOUS ? »


écrit par Monsieur Serge Toussaint Grand Maître de l’A.M.O.R.C.


Il est vrai qu’on entend souvent dire qu’il ne faut pas juger autrui, notamment de la part de ceux qui suivent une démarche philosophique ou religieuse. D’une manière générale, ce principe philosophico-religieux prend sa source dans les commandements que les sages du passé ont transmis aux hommes. En occident, il est inspiré essentiellement de ce que Jésus enseigna à ses disciples :«Ne jugez pas si vous ne voulez pas être jugés», «Vous serez jugés comme vous jugez»,etc. Etant donné le très haut niveau de sagesse atteint et manifesté par ce Maître hors du commun, nous ne pouvons douter du bien-fondé de ses propos, d’autant plus que d’autres Grands Initiés, toutes religions et toutes traditions confondues, ont tenu les mêmes sous des formes diverses. Cela dit, nous ne pouvons nier que l’homme a une tendance naturelle à juger les autres, généralement, à leur désavantage. Vous remarquerez en effet qu’il est très rare d’entendre une tierce personne parler en bien d’autrui et faire l’éloge de ses qualités. Quoi qu’il en soit, le jugement fait partie des facultés mentales dont nous nous disposons et que nous utilisons dans la vie quotidienne. D’un point de vue théorique et pratique, la question qui se pose est donc de savoir si Dieu a accordé à l’homme une faculté dont il ne devrait pas se servir, sous peine de L’offenser ou de violer Ses lois.




D’un point de vue rosicrucien, il est possible de concilier le fait qu’il ne faut pas juger autrui, et le fait que l’homme possède la faculté de jugement. En effet, il n’y a pas de réelle contradiction entre ces deux états de fait lorsqu’on les appréhende sous un angle philosophique. C’est ainsi que l’homme a le pouvoir et le droit de juger les autres, à condition que ce jugement s’applique à ce qu’ils font, et non pas à ce qu’ils sont, au sens de ce qu’ils sont en tant qu’âmes incarnées. A ce titre d’exemple, si nous sommes témoins d’une scène dans laquelle une personne agit mal selon nous, que ce soit d’ailleurs vis-à-vis d’elle-même ou d’autrui, nous pouvons porter un jugement sur son comportement et considérer qu’il est mauvais, mais nous ne devons pas condamner cette personne et en conclure qu’elle est indigne, et encore moins qu’elle est peu évoluée sur le plan spirituel. Nous devons simplement nous limiter à penser que son attitude n’est pas conforme à notre conception du bien, et nous promettre intérieurement de ne pas nous comporter ainsi. Ce faisant, nous tirons une leçon positive de ce que nous avons vu ou entendu, sans pour autant nous laisser aller à un jugement négatif. Autrement dit, nous en faisons une expérience utile à notre évolution intérieure et donnons la preuve d’une certaine sagesse.




Comment faire pour maîtriser la faculté de jugement, au point de l’appliquer exclusivement à ce que les autres font, et non pas à ce qu’ils sont. La première chose à faire est de partir du principe que Dieu seul est capable de lire dans les cœurs et de sonder les âmes, car Lui-seul possède l’Omniscience voulue. En second lieu, nous devons avoir conscience que nous-mêmes sommes imparfaits et que nous vivons dans un monde d’apparence. De ce fait, nous ignorons ce que les autres sont sur le plan intérieur et ne devons pas juger ce qu’ils semblent être. Aussi, plutôt que de leur attribuer des défauts ou des faiblesses qu’ils n’ont pas nécessairement, sachons apprécier les qualités qu’ils expriment et que nous n’avons peut-être pas encore éveillées. Ceci est d’autant plus vrai que « l’habit ne fait pas le moine » et qu’une personne, au plus profond d’elle-même, n’est pas forcément ce qu’elle semble être ; que ce soit d’ailleurs en bien ou en mal. N’oublions pas non plus que la loi karmique s’applique de telle manière que nous sommes généralement jugés par les autres de la façon dont nous les jugeons. Ainsi, quiconque s’emploie continuellement à émettre des jugements négatifs à l’encontre d’autrui, fait à son insu l’objet du même type de jugements de la part d’autrui.


Et vous, qu’en pensez-vous ?





« L’Âme universelle imprègne toute la CrĂ©ation, de sorte qu’elle pĂ©nètre tout ce qui existe sur notre planète. Ainsi, toutes les crĂ©atures qui vivent sur la Terre sont imprĂ©gnĂ©es d’une essence divine et Ă©voluent spirituellement selon des lois qui leur sont propres.»

L’ontologie des Rose-Croix