QUELLE EST VOTRE CONCEPTION DE L’ECONOMIE ?

Ce mois-ci, nous vous proposons de lire un extrait du livre QUESTIONS PHILOSOPHIQUES - ET VOUS QU \' EN PENSEZ VOUS ? écrit par Serges Toussaint.Grand Maître de l \' A.M.O.R.C

D’une manière générale, l’économie est l’art de gérer les finances d’une collectivité pouvant aller du plus petit village au plus grand des Etats. Pendant des siècles, on a parlé d’« économie locale», d’ « économie régionale» et d’ »économie nationale». De nos jours, on parle d’ « économie mondiale», car le commerce et l’industrie fonctionnent désormais à travers des réseaux qui s’étendent au monde entier. Nombre d’individus et de corporations dénoncent cette mondialisation de l’économie et la rendent responsable de la crise à laquelle de nombreux pays sont confrontés depuis des décennies. Pourtant, elle correspond à un processus naturel inévitable qui résulte du fait que les voies de transport et de communication transcendent les frontières, et font de la planète entière un espace ouvert à tous les échanges. En ce sens, la Terre est devenue un seul pays, ce qui est un facteur de rapprochement et de paix entre les hommes. Il me semble donc absurde de s’opposer à la mondialisation, car elle est irréversible et présente en réalité beaucoup plus d’avantages que d’inconvénients. Qu’on le veuille ou non, elle correspond à une étape ‘’programmée’’ dans l’évolution de l’humanité, car il était inévitable que tous les pays qui la constituent finissent un jour par nouer des relations politiques, économiques, culturelles et autres. Cela dit, il faut faire en sorte que cette mondialisation soit une source de progrès social pour toutes les nations, et qu’elle contribue au mieux-être de tous les hommes. Cela suppose de la maîtriser et d’en faire le support d’une économie véritablement humaniste, c’est-à-dire orientée vers le bien de tous et de chacun.

Il est vrai que le processus de mondialisation, commencé il y a plusieurs décennies, est loin d’être maîtrisé et génère de graves problèmes sociaux dans nombre de pays. Cela dit, plus que la mondialisation elle-même, c’est peut-être ce que l’économie est devenue qui est en cause, ou plus exactement ce sur quoi elle repose dans les pays dits ‘’développés’’. C’est ainsi qu’on la fait dépendre presque exclusivement de la ‘’production’’ et de la ‘’consommation’’. En vertu de ce principe, pour ne pas dire de ce dogme, on considère généralement que la seule façon de rendre l’économie plus florissante est de faire en sorte que la population consomme davantage, de manière à accroître la production, ou ce qui revient au même, d’accroître la production et de faire en sorte que la population consomme davantage. Cette vision des choses me semble aberrante pour au moins deux raisons : en premier lieu, les personnes qui ont les moyens de consommer ne peuvent le faire au-delà de certaines limites (elles ne vont pas manger dix fois par jour, porter sur elles cinq couches de vêtements, etc.). Quant à celles qui n’en ont pas les moyens, elles participent peu à l’économie, mais en subissent les effets les plus pervers. En second lieu, inciter à la consommation comme on le fait à travers le ‘’matraquage’’ publicitaire, les offres de crédits alléchantes, les promotions de toutes sortes, etc.., privilégie le quantitatif au détriment du qualitatif, et contribue à rendre les gens encore plus matérialistes. Autrement dit, on fait d’eux des consommateurs invétérés, toujours enclins à se procurer davantage de biens matériels et à satisfaire des désirs et des besoins de plus en plus artificiels.

Il est évident que l’économie est un problème à la fois grave et complexe, et qu’il n’existe aucune baguette magique permettant de la résoudre. Cela dit, dans les pays industrialisés, elle repose sur une surproduction que l’on entretient artificiellement en incitant les gens à consommer ‘’coûte que coûte’’, qu’ils en aient ou non les moyens. A cela s’ajoute le fait que la course au profit a fait que l’on a remplacé l’homme par la machine dans nombre de tâches où cela ne se justifiait pas, contribuant ainsi à déshumaniser la société. Sans entrer dans des considérations techniques qui sont du ressort des spécialistes, la sagesse voudrait que l’on adapte l’économie à l’homme et non l’inverse, comme cela a été fait jusqu’à présent. Cela suppose que l’on produise uniquement pour répondre à ses besoins réels et que l’on fasse de lui le centre de cette production. Parallèlement, il faudrait faire en sorte que les profits générés par l’économie ne soient pas utilisés pour soutenir les spéculations d’un marché artificiel, mais pour créer des ressources permettant à ceux qui n’ont pas les moyens de consommer de la faire normalement. Par ailleurs, elle devrait être pensée à l’échelle mondiale et non nationale, afin que tous les pays bénéficient de la mondialisation, ce qui nous ramène à la nécessité d’en faire un facteur d’humanisme. Enfin, il faudrait veiller à ce qu’elle respecte l’environnement et soit donc écologique, ce qui est loin d’être le cas actuellement. L’idéal en la matière serait même que l’écologie soit un secteur et un vecteur de l’économie. Tout ceci nécessite naturellement un changement radical dans les mentalités, tant au niveau des gouvernants que des gouvernés.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

« L’Âme universelle imprègne toute la Création, de sorte qu’elle pénètre tout ce qui existe sur notre planète. Ainsi, toutes les créatures qui vivent sur la Terre sont imprégnées d’une essence divine et évoluent spirituellement selon des lois qui leur sont propres.»

L’ontologie des Rose-Croix