Idéal éthique des Rose-Croix (LA TOLÉRANCE)

Ce mois-ci, nous vous proposons de lire un extrait du livre Idéal éthique des Rose-Croix, publié par la Diffusion Rosicrucienne. Il a été écrit par Serge Toussaint, Grand Maître de l’A.M.O.R.C.

Dans son sens le plus général, la tolérance est la vertu qui consiste à accepter que d’autres aient des opinions différentes des nôtres et puissent les exprimer, et ce, dans quelque domaine que ce soit. Cela implique une certaine ouverture d’esprit et un sens aigu de la fraternité. Cela nécessite également d’avoir l’humilité de reconnaître que l’on ne détient pas le monopole de la vérité. En dernière analyse, l’intolérance est souvent l’expression d’un ego non maitrisé. Dans les cas extrêmes, elle est tout simplement le résultat de la bêtise, c’est-à-dire d’un manque réel d’intelligence. Quoi qu’il en soit, il faut savoir écouter les autres et puiser dans leurs propos une opportunité de remettre en cause nos propres points de vue.

Il ne faut surtout pas confondre tolérance et faiblesse, ce qui est malheureusement trop souvent le cas. Cela signifie qu’il y a des situations et des comportements intolérables, au sens propre du terme. Dans cet ordre d’idée, il me semble que tout discours ou toute action qui constitue une menace pour l’intégrité ou le bien-être d’autrui ne doit pas être toléré, tant sur le plan individuel que collectif. Dans le cas contraire, on se rend complice de toutes les formes que le mal peut prendre sur notre Terre. En ce sens, tous les extrémismes, qu’ils soient politiques, religieux ou autres, sont une atteinte à la dignité humaine et ne doivent être cautionnés sous quelque forme que ce soit.

L’intolérance s’accompagne souvent d’une certaine arrogance. Ainsi, il y a des personnes qui estiment avoir le droit de critiquer, juger, condamner, considérant qu’il s’agit là de leur liberté et prétextant que leur opinion est fondée sur leur intime conviction.

Certes, la liberté d’expression est un droit légitime et donne à chaque citoyen la possibilité de faire connaître son opinion dans nombre de domaines, tout du moins dans les sociétés où une telle liberté existe. Cela dit, sans vouloir remettre en cause ce droit fondamental pour tout être humain, nous pouvons néanmoins nous demander si l’humanité est assez évoluée spirituellement pour que tout individu puisse être libre de parler et d’agir comme il l’entend, c’est-à-dire sans limite ?

Parmi les domaines où l’intolérance est à la fois la plus marquée et la plus destructrice, nous trouvons la politique et tout ce qui en découle en termes de sociologie, d’économie, etc. Combien de conflits individuels et collectifs a-t-elle générés au cours des âges ? Combien d’amitiés a-t-elle brisées ? Nul ne peut le dire, mais ce qui est certain, c’est qu’elle a toujours été un élément de polémique, de discorde et de dissension. Pourquoi ? Parce que chacun projette en elle son vécu, ses convictions, ses passions, ses aspirations, ses angoisses, etc.

De toute évidence, la politique n’est pas le seul domaine où l’intolérance fait des ravages. Les religions, qui sont naturellement respectables en soi, ont également engendré et engendrent encore des conflits et des guerres. Ce fait est d’autant plus regrettable qu’elles ont été fondées à l’origine pour servir et vénérer le même Dieu. Mais au fils des siècles, la plupart ont pris un caractère dogmatique et ont donné lieu à diverses formes d’intégrismes et de fanatismes.

Si la tolérance est l’aptitude à admettre que d’autres puissent avoir des opinions différentes des nôtres, elle ne consiste pas à se sentir obligé de partager ces opinions ou de les cautionner. Dans les cas extrêmes, c’est être hypocrite. Il faut donc trouver un juste milieu entre « savoir écouter » et « savoir se faire entendre ». Pour y parvenir, le mieux est d’agir avec tempérance et de partir du principe que la vérité se situe souvent entre deux points de vue opposés.

Dans tous les domaines, l’intolérance est une source de conflits, car elle génère systématiquement des rapports de force entre les individus, les peuples et les races. Cela signifie que le meilleur moyen d’être ou de devenir véritablement tolérant consiste à se convaincre soi- même que l’on est une âme en voie d’évolution et que l’on est nécessairement ignorant au regard de la Vérité absolue. Par ailleurs, vous noterez que les personnes que l’on apprécie généralement le plus sont précisément celles qui font preuve de tolérance dans leur jugement et leur comportement.

« L’Âme universelle imprègne toute la CrĂ©ation, de sorte qu’elle pĂ©nètre tout ce qui existe sur notre planète. Ainsi, toutes les crĂ©atures qui vivent sur la Terre sont imprĂ©gnĂ©es d’une essence divine et Ă©voluent spirituellement selon des lois qui leur sont propres.»

L’ontologie des Rose-Croix