L’ANDROGYNAT

Ce mois-ci, nous vous proposons de lire une réflexion extraite du livre :
« Pour un AUTRE MONDE »
écrit par Monsieur Serge Toussaint Grand Maître de l’A.M.O.R.C.


Si l’on en croit certains textes religieux ou ésotériques traitant de la condition humaine, l’Homme, avant ce que l’on appelle traditionnellement la « chute », était une entité spirituelle androgyne. Autrement dit, il était à la fois homme et femme, ou plus exactement masculin et féminin. Pour des raisons à la fois mythologiques et théologiques, expliquées notamment dans le Traité sur la réintégration des êtres de Martinès de Pasqually, mais aussi dans les ouvrages de Louis-Claude de Saint Martin (auquel se rattache le martinisme), il « chata » dans le monde matériel et se dédouble en deux êtres de sexe différent : l’homme et la femme, d’où naquit graduellement toute l’humanité.
Il est pour moi évident que la « la chute de l’Homme » est une allégorie qu’il appartient à chacun d’interpréter à la lumière de ses croyances, de ses connaissances et de ses intuitions. Quoi qu’il en soit, si androgynat il y eut, il fut effectivement de nature spirituelle. Et si androgynat il y a, il concerne l’âme humaine et non le corps humain. Autrement dit, sauf cas très exceptionnel, un être humain est de sexe masculin ou de sexe féminin. C’est sur ce principe, ou plutôt sur cette loi naturelle, qu’est fondée la reproduction de l’espèce humaine. En effet, c’est l’union des deux sexes, ou plutôt la fusion des gamètes mâles et femelles, qui rendent possible la procréation d’un enfant, qui lui-même sera de sexe masculin ou de sexe féminin.
Par convention, on a coutume de dire qu’un garçon et par extension un homme appartiennent au genre masculin, et qu’une fille et par extension une femme appartiennent au genre féminin. Malheureusement, au-delà de cette convention qui n’a rien de péjoratif en soi, on en est venu à stéréotyper chacun de ces deux genres et à leur associer des caractéristiques ou des particularités arbitraires : la force, l’autorité, l’endurance, la persévérance….. pour le genre masculin : l’affectivité, la sociabilité, l’écoute, la patience ……pour le genre féminin. Plus grave encore, l’idée que le genre masculin est supérieur au genre féminin a perduré pendant des siècles et reste encore ancrée dans les mœurs, d’où les comportements machistes qui perdurent dans la société. Hélas, ce préjugé est à l’origine d’inégalités flagrantes entre les hommes et les femmes notamment sur le plan socioprofessionnel.
En ce qui me concerne, il est évident que le genre masculin n’est en aucun cas supérieur au genre féminin, et inversement. Je pense néanmoins qu’il y a une psychologie plutôt masculine et une psychologie plutôt féminine, que Jung désignait respectivement par les termes « animus » et « anima ». Autrement dit, il existe une manière d’analyser et de ressentir plutôt propre aux hommes, et une autre plutôt propre aux femmes. Ce fait transparaît notamment dans le choix des films que les uns et les autres préfèrent regarder : plutôt de l’action, voire de la violence, chez les premiers ; plutôt de l’émotion, voire du romantisme, chez les secondes. On le constate également dans les métiers exercés par les hommes et par les femmes : il y a beaucoup plus d’informaticiens que d’informaticiennes (domaine qui privilégie le rationalisme), mais beaucoup plus d’infirmières que d’infirmiers (domaine qui privilégie l’empathie).
L’évolution accomplissant graduellement son œuvre, on constate que les hommes et les femmes ne cessent de se rapprocher sur le plan psychologique et en viennent à vivre au diapason de pensées et d’émotions communes. Cette tendance laisse supposer que l’animus et l’animas sont en voie de s’équilibrer à travers un genre androgyne. Cela étant, je pense que cet androgynat à venir n’aura rien d’anatomique, car aussi longtemps qu’ils vivront sur Terre, il me semble évident que les êtres humains seront soumis à la loi de dualité, de sorte que les hommes seront de sexe masculin et les femmes de sexe féminin.

 Â« On peut priver un ĂŞtre humain de sa libertĂ©, mais pas de son libre arbitre, en ce sens que mĂŞme emprisonnĂ©, il peut et doit toujours faire des choix de pensĂ©es, de paroles et d’actions. Certes, ces choix sont plus limitĂ©s que s’il Ă©tait libre, mais ils existent nĂ©anmoins et conditionnent ses rĂ©actions et souvent mĂŞme son devenir ».

__ Mysticisme rosicrucien