LA CONNAISSANCE

Ce mois-ci, nous vous proposons de lire une réflexion extraite du livre :

« Pour un AUTRE MONDE »

écrit par Monsieur Serge Toussaint Grand Maître de l’A.M.O.R.C


Dans la plupart des langues, le mot « connaissance » véhicule plusieurs sens, selon le contexte et, peut-être surtout, selon qu’il est employé au singulier ou au pluriel. C’est ainsi que l’on parle souvent des « connaissances », mais plus rarement de la « Connaissance », avec un C majuscule. Nous avons là un exemple particulièrement intéressant des subtilités que comporte le langage écrit, ou même oral. Or, ces subtilités ont leur importance lorsqu’elles concernent des notions et des concepts philosophiques.

D’une manière générale, les connaissances correspondent aux savoirs et aux savoir-faire que les êtres humains possèdent dans tel ou tel domaine : scientifique, technologique, économique, littéraire, culturel, artistique, etc. Selon les cas, elles peuvent être pratiques ou théoriques et concerner par conséquent des sujets plus ou moins abstraits. La plupart de ces connaissances ont en commun d’avoir été apprises et acquises à travers un enseignement scolaire ou une formation professionnelle. A l’instar de la société, elles ne sont pas figées, mais évoluent avec le temps. A titre d’exemple, les connaissances scientifiques n’ont cessé de progresser au cours des âges et continuent à le faire. Rappelons qu’au Moyen Âge, on pensait que la Terre était plate et qu’elle constituait le centre de l’univers. Nous savons ce qu’il en est de nos jours.

Etant donné que l’homme dispose du libre arbitre, il peut utiliser ses connaissances à des fins positives ou négatives, constructives ou destructrices. C’est ainsi qu’un avion, avec tout ce qu’il a nécessité d’études et de recherches pour être capable de voler, permet de transporter des passagers d’un pays à l’autre ou de larguer des bombes sur des populations. De même, la recherche médicale et l’industrie pharmaceutique, dans leurs excès mercantiles, fabriquent des médicaments et des vaccins dont certains ont des effets désastreux sur la santé. Autre exemple : bien connaître les lois (civiles, fiscales, et autres) permet à certaines personnes peu scrupuleuses de les contourner à leur avantage.

Qu’en est-il maintenant de la « connaissance » ? Sans majuscule, je dirai qu’elle correspond à l’ensemble des connaissances que les êtres humains ont acquises au cours des siècles, tous domaines confondus. Pour reprendre les exemples précédents, ils possèdent de nombreuses connaissances scientifiques, technologiques, économiques, littéraires, culturelles, artistiques, etc., lesquelles sont appelées à évoluer et à s’étendre avec le temps. Malheureusement, ils ne les mettent pas nécessairement au service du bien commun. C’est peut-être ce qui fit dire à Francis Bacon : « La plus grande erreur de toutes consiste à se méprendre sur le but véritable de la connaissance….Peu sont poussés vers elle pour se servir du don divin de la raison dans l’intérêt de l’humanité.

Quant à la « Connaissance », avec un C majuscule, elle s’apparente pour moi à celle que les Initiés se sont transmis à travers les âges et intègre ce que l’on appelle les « Mystères ». Sur le plus traditionnel, elle remonte aux Ecole des Mystères de l’Antiquité, ces lieux tenus secrets où se réunissaient des mystiques éclairés qui étudiaient les lois régissant l’univers, la nature et l’homme lui-même. Dans l’absolu, elle intègre tout ce que les êtres humains doivent connaître sur eux-mêmes et sur le sens profond de l’existence. Qu’ils en aient conscience ou non, c’est en elle que résident le bien-être qu’ils recherchent et le bonheur auquel ils aspirent. J’ajouterai qu’elle me semble indissociable de la spiritualité, car on ne peut y accéder que sous l’impulsion de notre âme. C’est ce qui explique pourquoi elle est fondamentalement constructive et ne peut être utilisée pour nuire à quiconque, sous quelque forme que ce soit. Spinoza voyait en elle le « Souverain Bien » et en faisait l’un des buts suprêmes de l’existence.

 Â« D’un point de vue mystique, Dieu est l’Intelligence absolue qui est Ă  l’origine de la CrĂ©ation et de tout ce qu’elle contient sur les plans visible et invisible. Par extension, Il consiste en une Énergie transcendante et immanente qui imprègne l’univers, la nature et l’homme lui-mĂŞme ». (Mysticisme rosicrucien).